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L'HEBDO DEVISES >2026-07-06 10:52:35

Emploi américain décevant, le dollar recule

Le rapport sur l'emploi américain a déçu en juin : 57 000 créations de postes seulement, environ moitié moins qu'attendu. De quoi rouvrir le débat sur la trajectoire de la Fed, jusqu'ici perçue comme plutôt décidée à ne pas baisser ses taux. Le dollar a reculé dans la foulée et l'euro est remonté de ses plus bas d'un an. Un mouvement à relativiser toutefois : il doit autant à la faiblesse du billet vert qu'à la vigueur propre de la monnaie unique.

Emploi américain décevant, le dollar recule

Le point macro

Depuis plusieurs semaines, le dollar profitait de la fermeté affichée par la Fed. Le 17 juin, Kevin Warsh avait maintenu les taux à 3,50-3,75%, supprimé le biais accommodant et présenté des projections (« dot plot ») penchant plutôt vers une hausse qu'une baisse en 2026. Ce positionnement s'appuyait notamment sur un marché du travail resté solide. Le rapport de juin, publié le 2 juillet, vient nuancer ce constat.


57 000 créations de postes, contre un consensus situé autour de 110 000 à 170 000. C'est près de deux fois moins qu'espéré, après les +172 000 de mai. Le taux de chômage recule à 4,2%, mais surtout parce que des actifs quittent la population active, et non parce que les embauches accélèrent. Le marché a réagi rapidement : le dollar a reflué sur l'ensemble des paires, et l'EUR/USD est repassé au-dessus de 1,14.


Il faut toutefois rester mesuré, car un mois isolé ne fait pas une tendance. Il s'agit d'un ralentissement des embauches, pas d'une hausse du chômage - la distinction compte. Les chiffres d'emploi sont volatils et souvent révisés (mai avait d'ailleurs été relevé). Par ailleurs, Kevin Warsh se veut dépendant des données et attentif à l'inflation, qui reste élevée : 4,2% sur un an en mai pour l'indice général, 2,9% pour le cœur, avec des salaires autour de +3,5%. Il n'est donc pas acquis qu'un seul chiffre décevant suffise à infléchir sa ligne. Le compte-rendu du FOMC, publié le 8 juillet, permettra d'en juger.


Du côté européen, un raccourci est à éviter : la BCE n'a pas assoupli sa politique. Elle a au contraire relevé ses taux le 11 juin, portant le taux de dépôt à 2,25% - première hausse d'une grande banque centrale du G7 depuis le conflit iranien. Ce qui a évolué, c'est le ton. L'inflation de la zone euro est retombée à 2,8% en juin (estimation flash du 1er juillet), contre 3,2% en mai, et le cœur à 2,4% - deux chiffres inférieurs aux attentes. À Sintra, Christine Lagarde a estimé que les risques sur l'inflation comme sur la croissance avaient diminué. Le marché n'anticipe désormais plus qu'une seule hausse supplémentaire, là où il en attendait deux il y a peu. La BCE reste donc en posture de resserrement, mais son appétit pour de nouvelles hausses s'atténue.


Le repli du billet vert paraît réel mais reste encore fragile. Il dépendra beaucoup des minutes du FOMC (le 8) et de l'inflation américaine de juin (le 14). Si le ralentissement de l'emploi se confirme, l'EUR/USD pourrait se diriger vers 1,16-1,17 cet été ; si le compte-rendu reste ferme et l'inflation proche de 4%, un retour vers 1,13 est tout aussi plausible.

Le point technique

Après un point bas à 1,1378 le 1er juillet, l'EUR/USD est remonté jusqu'à 1,1455 le 3, gagnant environ 0,5% sur la semaine et s'éloignant de ses plus bas d'un an. C’est principalement la révision des anticipations de politique de la Fed qui explique ce mouvement.


Le franc suisse reste ferme, dans son rôle habituel de valeur refuge et soutenu par une BNS prudente. La paire évolue sans direction marquée, autour de 0,92. Un regain de nervosité - géopolitique ou minutes plus dures - profiterait mécaniquement au franc.


Le yen reste structurellement faible malgré la lente normalisation de la Banque du Japon. Un dollar plus mou lui offre une bouffée d'air à la marge, mais l'EUR/JPY campe près de ses sommets. Pas de retournement en vue tant que l'écart de taux réel reste aussi défavorable au yen.


Le loonie est arrimé au pétrole, qui stagne autour de 72 $ le baril (Brent), au plus bas depuis fin février. Sans nouvelle impulsion sur le brut, l'EUR/CAD reste calé dans sa fourchette, avec un léger biais vendeur si le CAD profite d'un dollar US plus faible.


La livre tient bon face à un euro affaibli par sa propre désinflation. La paire reste basse, dans le sillage d'une Banque d'Angleterre qui n'a pas encore tranché sur la suite.


Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.


Supports hebdoRésistances hebdo
S2S1R1R2
EUR/USD1,13201,13851,15201,1590
EUR/GBP 0,85100,85500,86300,8670
EUR/CHF 0,91200,91600,92450,9290
EUR/CAD 1,60801,61501,62851,6360
EUR/JPY 183,00183,90185,80186,90

Les annonces à suivre

Semaine plus calme sur le front des grands rendez-vous : ni réunion de la Fed (prochaine décision les 28-29 juillet), ni de la BCE. L'événement à ne pas manquer est le compte-rendu du FOMC de mercredi 8 juillet. Le marché y cherchera de quoi jauger la solidité du virage « hausse possible » à la lumière du choc de l'emploi. Le compte-rendu de la BCE et l'inflation chinoise compléteront le tableau, avant l'inflation américaine de juin attendue le 14 juillet.


Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.
JourHeurePaysIndicateurattente / préc.
Lun 06/0716:00États-UnisISM services (juin)Vigueur du secteur dominant de l'économie US
Mar 07/0708:00AllemagneProduction industrielle (mai)Santé de l'industrie allemande
Mer 08/0708:00AllemagneBalance commerciale (mai)Exportations sous un euro plus faible
Mer 08/0720:00États-UnisMinutes du FOMC (16-17 juin)Fermeté réelle du comité après le rapport emploi
Jeu 09/0703:30ChineInflation CPI / PPI (juin)Baromètre de la demande mondiale
Jeu 09/0714:30États-UnisInscriptions chômage (hebdo)L'emploi confirme-t-il son ralentissement ?

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