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L'HEBDO DEVISES >2026-09-28 11:41:01

Le baril revient, mais pas pour l'Europe

Les exportations du Golfe remontent, mais elles ne prennent pas le chemin de l'Europe. Le rebond saoudien de septembre emprunte le Golfe et l'Asie, quand des raffineurs européens se voient refuser leurs cargaisons d'octobre. Le résultat se lit à la pompe française, à un record absolu.

Le baril revient, mais pas pour l'Europe

Le point macro

Le chiffre qui circule prête à contresens. Les exportations de brut du Moyen-Orient ont rebondi à 12,8 millions de barils par jour en septembre, présenté comme un plus haut depuis février ; c'est en réalité six millions de moins qu'en février. Ormuz achemine 7,4 millions de barils contre une quinzaine en 2025, et le monde a puisé 507 millions de barils dans ses stocks depuis le début du conflit.


Ce rebond, surtout, ne passe pas par l'Europe. L'Arabie saoudite a porté ses exportations à 5,4 millions de barils par jour en septembre contre 2,4 en août, mais par Ras Tanura et le Golfe, donc vers l'Asie. Son oléoduc vers la mer Rouge, frappé les 10 et 11 septembre, n'a redémarré que le 23 à débit réduit. Aramco a prévenu au moins deux raffineurs européens qu'ils ne recevraient aucun brut en octobre.


L'Europe achète donc son remplacement au prix fort. Le Johan Sverdrup norvégien s'est traité jusqu'à 35 dollars au-dessus du Brent daté, contre 60 cents le 8 septembre. Le goulot se situe d'ailleurs moins sur le brut que sur le raffiné : les exportations de gazole du Golfe sont tombées au quart de leur niveau d'avant-guerre, portant la marge de raffinage européenne sur le gazole au-dessus de 85 dollars par baril, un record.


Le consommateur français en paie le résultat. Le gazole a atteint 2,399 euros le litre le 25 septembre, au-dessus du record de 2,1407 euros de mars 2022, et une station sur dix manquait d'au moins un carburant. Nous y voyons un choc de termes de l'échange dirigé contre l'Europe, durable tant que les barils du Golfe iront vers l'Asie. Paris a répondu par 450 millions d'euros d'aides ciblées, sans remise à la pompe.

Le point technique

Le dollar canadien aurait dû gagner à cette crise, puisque le Canada exporte du pétrole. Il n'a rien gagné : l'EUR/CAD a terminé vendredi à 1,6111. Deux raisons l'expliquent : la Banque du Canada maintient son taux à 2,25 %, et le brut de l'Alberta s'écoule par oléoduc à prix décoté. Une pénurie européenne ne profite pas à une devise qui vend son pétrole par tuyau à son voisin.


Le yen pose un problème à part. Le Japon et les États-Unis sont intervenus ensemble en août pour le soutenir, et Tokyo a redit le 24 septembre que ce dispositif tenait toujours. Une entreprise qui doit acheter des yens court donc deux risques : le marché, et une décision politique qui ferait bondir la devise. Dans ce cas l'option protège mieux que le contrat à terme, car elle laisse le choix de ne pas s'en servir. L'EUR/JPY a fini vendredi à 179,17.


Reste le niveau. L'EUR/USD a clôturé à 1,1391, en baisse de 0,81 %, sa troisième semaine de repli. La zone 1,1323 à 1,1353, retracement de 38,2 % de la hausse partie de 1,0176, ouvrirait 1,0904. Nous ne l'anticipons pas : à court terme, nous voyons la paire entre 1,13 et 1,15. Les taux réels expliquent les deux autres paires : la Suisse, 0,8 % d'inflation pour un taux nul, est au niveau de la zone euro, et l'EUR/CHF ne bouge pas, à 0,9438 ; la livre profite d'un taux britannique de 3,75 % pour 3,1 % d'inflation, à 0,8596.


Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.


Supports hebdoRésistances hebdo
S2S1R1R2
EUR/USD1,13231,13591,14501,1495
EUR/GBP0,85200,85600,86350,8680
EUR/CHF0,93550,94000,94750,9520
EUR/CAD1,59601,60401,61901,6270
EUR/JPY176,60178,00180,50181,90

Les annonces à suivre

Trois rendez-vous comptent cette semaine. Mercredi, l'indice PCE américain d'août, attendu en hausse de 0,4 % sur le mois, dira si l'énergie gagne le panier américain. Vendredi, l'inflation flash de septembre en zone euro et l'emploi américain paraissent dans la même séance. La première mesurera ce que la facture énergétique a déjà coûté, et la BCE ne se prononcera pas avant la fin octobre.


Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.


JourHeurePaysIndicateurattente / préc.
Le 29/09/202609:00EspagneInflation, estimation flash de septembrePremier repère pour la zone euro
Le 29/09/202616:00États-UnisOffres d’emploi JOLTS d’aoûtConsensus 7,23 millions
Le 30/09/202609:55AllemagneTaux de chômage de septembreConsensus 6,4 %
Le 30/09/202614:00AllemagneInflation, estimation flash de septembreAprès 2,9 % en août
Le 30/09/202614:30États-UnisPrix PCE d’aoûtConsensus +0,4 % sur le mois
Le 30/09/202614:30États-UnisPIB du T2, estimation finaleConsensus 1,6 %
Le 01/10/202608:30SuisseInflation de septembreAprès 0,8 % en août
Le 01/10/202616:00États-UnisISM manufacturier de septembreAprès 54,6
Le 02/10/202611:00Zone euroInflation, estimation flash de septembreConsensus 3,5 % à 3,7 % après 3,2 %
Le 02/10/202614:30États-UnisEmploi de septembre90 000 à 100 000 après 162 000 ; chômage 4,1 %

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