Le baril se distribue désormais par décision politique
L'attaque de l'oléoduc saoudien prive déjà des raffineurs européens de brut. Washington s'est doté vendredi d'une arme douanière contre les acheteurs d'énergie russe. Ces décisions politiques pèsent de plus en plus sur le change, mais cette semaine, c'est la Fed qui a donné le ton en relançant le dollar.
Le point macro
Le 16 septembre, des drones ont endommagé trois stations de pompage de l'oléoduc Est-Ouest d'Aramco et perturbé les chargements au port de Yanbu. Selon Bloomberg, le groupe a prévenu au moins deux raffineurs européens qu'ils ne recevraient pas de brut en octobre ; le polonais Orlen se tourne vers la mer du Nord. Aramco compense par transbordements au port omanais de Sohar. Selon nous, l'Europe, servie via la mer Rouge, est la première à en payer le prix.
Vendredi, Donald Trump a promulgué le « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 ». Le texte autorise, sans l'imposer, des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq premiers acheteurs de pétrole et de gaz russes, avec des exemptions pour les alliés européens ayant réduit leur dépendance au gaz russe. Aucun droit n'est appliqué à ce jour. La Chine, premier acheteur de brut russe, est la première visée.
On objectera que Washington menace depuis des mois sans appliquer. C'est exact, et c'est ce qui change : la menace était une intention présidentielle, révocable du jour au lendemain. Elle devient une autorisation votée par le Congrès, assortie de réexamens tous les 180 jours. Pékin et New Delhi n'en font pas la même lecture.
En zone euro, l'inflation a atteint 3,2 % en août, dont 1,29 point pour l'énergie. La BCE a relevé son taux de dépôt à 2,50 % le 10 septembre, la Fed ses taux à 3,75 %-4,00 % le 16. Ces hausses feront peu baisser le baril : elles freinent la demande, or le choc vient de l'offre. Elles agissent en revanche sur le change : le dollar, mieux rémunéré, attire les capitaux.
Le point technique
Le yen a rendu une partie de son avance. Porté par le débouclage du portage, il avait gagné 3,6 % sur l'euro en deux semaines. La Banque du Japon a bien relevé son taux à 1,25 % le 18 septembre, mais la hausse était attendue à près de 80 %, et le vote à sept contre deux comme le refus de Kazuo Ueda de s'engager sur la suite ont déclenché des prises de bénéfices : l'euro est remonté de 178,56 à 180,94 yens (+1,33 %).
C'est le risque asymétrique que nous signalions la semaine dernière, et il ne signe pas un retournement : l'euro reste 2,3 % sous son niveau du 31 août. L'écart de taux avec les États-Unis, toujours large, continue de favoriser le portage, mais la Banque du Japon ne ferme pas la porte à la suite. Selon nous, l'euro devrait évoluer entre 179 et 183 yens, et ce repli du yen offre aux acheteurs l'occasion de couvrir une partie de leurs besoins.
L'euro a cédé 1,14 % face au dollar, de 1,1592 à 1,1460, les projections de la Fed plaçant désormais la médiane de ses taux à 4,1 % fin 2026. Les objectifs de fin d'année visaient cet été 1,22 à 1,25 ; révisés depuis, 1,15 à 1,20. Un budget bâti sur 1,20 est donc à recalculer avant toute couverture. Ailleurs, calme plat : l'euro finit à 0,8588 livre, 0,9462 franc suisse et 1,6056 dollar canadien, quasi inchangé sur la semaine.
Les supports et résistances affichés ci-dessous indiquent respectivement les points bas et hauts au sein desquels les cours devraient évoluer dans le courant de la semaine.
| Supports hebdo | | Résistances hebdo | |
|---|
| S2 | S1 | R1 | R2 |
| EUR/USD | 1,1330 | 1,1400 | 1,1520 | 1,1595 |
| EUR/GBP | 0,8525 | 0,8555 | 0,8600 | 0,8640 |
| EUR/CHF | 0,9390 | 0,9425 | 0,9490 | 0,9520 |
| EUR/CAD | 1,5950 | 1,6000 | 1,6110 | 1,6165 |
| EUR/JPY | 178,50 | 179,60 | 182,00 | 183,40 |
Les annonces à suivre
La semaine est pauvre en statistiques et riche en rendez-vous politiques. Mardi, Donald Trump reçoit six dirigeants du Golfe à New York : un geste diplomatique envers Téhéran ferait refluer le Brent, et c'est le principal risque pour notre lecture. Mercredi, les PMI préliminaires mesureront l'effet du choc énergétique sur l'activité. Jeudi, la visite de Xi Jinping mettra la nouvelle loi américaine à l'épreuve, et la Banque nationale suisse rend sa décision, attendue sans changement.
Vous trouverez ci-dessous les publications et événements qui devraient avoir un impact majeur sur l’évolution du cours des devises.
| Jour | Heure | Pays | Indicateur | attente / préc. |
|---|
| Le 21/09/2026 | 03:15 | Chine | Taux de prêt de référence (LPR) | Attendus inchangés à 3,00 % (1 an) et 3,50 % (5 ans) |
| Le 22/09/2026 | Journée | États-Unis | Rencontre Trump / six dirigeants du Golfe (ONU) | Décisif pour la prime de risque sur le Brent |
| Le 23/09/2026 | 09:30 | Allemagne | PMI préliminaires (septembre) | Effet du choc énergétique sur l'industrie |
| Le 23/09/2026 | 10:00 | Zone euro | PMI préliminaire composite (septembre) | Seuil de 50 à surveiller |
| Le 23/09/2026 | 10:30 | Royaume-Uni | PMI préliminaire composite (septembre) | Consensus autour de 52,5 |
| Le 23/09/2026 | 15:45 | États-Unis | PMI préliminaires S&P Global (septembre) | Confirmation ou non du ralentissement |
| Le 24/09/2026 | 09:30 | Suisse | Décision de la Banque nationale suisse | Attendue sans changement |
| Le 24/09/2026 | 10:00 | Allemagne | Indice Ifo du climat des affaires (septembre) | Moral des chefs d'entreprise allemands |
| Le 24/09/2026 | Journée | États-Unis | Visite d'État de Xi Jinping | Droits de douane, terres rares, technologies |
| Le 25/09/2026 | 14:30 | États-Unis | Commandes de biens durables (août) | Investissement des entreprises |
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